Apprendre le crochet : elles racontent comment elles ont commencé

Qui vous a appris à crocheter ?

Votre mère ? Votre grand-mère ? Une voisine ? Une amie ?

Peut-être avez-vous appris toute seule avec un livre, un magazine ou, plus récemment, grâce à Internet et aux vidéos ?

Il y a quelque temps, j’ai posé cette question aux lectrices de Tricocotier via la newsletter.

Je pensais recevoir quelques souvenirs.

J’ai reçu de véritables tranches de vie.

Des histoires de petites filles qui habillaient leurs poupées, de grands-mères qui transmettaient leurs gestes, de magazines achetés avec quelques sous, de napperons (beaucoup de napperons !), d’une crocheteuse autodidacte dans le RER, d’un lapin qui a connu un destin tragique et même d’un mari qui trouvait que… le crochet faisait du bruit.

À travers tous ces témoignages, c’est aussi l’évolution de l’apprentissage du crochet depuis plus de 70 ans qui se dessine.

Alors, comment apprenait-on à crocheter hier ? Et comment apprend-on aujourd’hui ?

Apprendre le crochet : elles racontent comment elles ont commencé

Le crochet, une histoire de transmission

La transmission est ce qui revient le plus souvent dans vos témoignages.

Pendant longtemps, on apprenait le crochet avec quelqu’un de son entourage. Et très souvent, cette personne était une femme.

Une mère, une grand-mère, une tante, une sœur, une voisine…

Nicole a aujourd’hui 70 ans. Elle se souvient avoir appris le crochet vers 8 ans avec sa grand-mère paternelle.

Ses premiers ouvrages ? Des vêtements pour ses poupées.

À 10 ans, alors qu’elle était malade, elle habillait même les Barbie de ses copines.

Puis sa maman lui a appris le tricot. Napperons et couvre-lits au crochet dans les années 70 et 80, tricots lorsqu’elle a eu ses enfants, puis retour au crochet avec les amigurumis : les techniques ont changé, mais le plaisir de créer n’a finalement jamais été très loin.

Gabrielle aussi avait 9 ans lorsqu’elle a appris à crocheter avec une mamie de son village. Elle a ensuite laissé son crochet de côté avant de le reprendre de manière intensive au lycée : interne, elle avait beaucoup de temps à occuper dans le train.

Aujourd’hui, elle réalise notamment de petites pièces pour les offrir.

Et à 5 ans seulement, Françoise apprenait déjà le crochet avec sa grand-mère. L’année suivante, c’est son père qui lui apprenait le tricot. Et oui !

Plus de 60 ans après, elle pratique toujours les travaux d’aiguilles : crochet, tricot, point compté, peinture à l’aiguille, frivolité…

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. À son tour, elle a appris le crochet, le tricot ou le point compté à ses enfants et petits-enfants.

Ils ne les pratiquent plus forcément aujourd’hui, mais Françoise a une très jolie façon de voir les choses : les bases resteront quelque part en eux après elle, comme elles sont restées en elle.

C’est sans doute cela, la transmission.

Et celle-ci ne se fait pas toujours au sein de la famille.

Sylvie, par exemple, a découvert le crochet au collège grâce à deux copines portugaises qui le pratiquaient depuis leur enfance.

À 15 ans, elles réalisaient déjà, selon elle, des merveilles. Elles lui ont appris à confectionner des choses simples, notamment de petits sacs et des napperons.

Sylvie a ensuite continué à progresser seule grâce aux magazines de crochet.

Une belle transmission entre copines.

Apprendre à crocheter pour habiller ses poupées

Un détail revient d’ailleurs très souvent dans les souvenirs d’enfance : les poupées.

Avant de crocheter un châle de deux mètres ou un gilet parfaitement ajusté, beaucoup ont commencé beaucoup, beaucoup plus petit !

Maryline a appris le crochet à 8 ans sous les yeux vigilants de sa maman pour habiller ses poupées.

Vers 16 ans, une amie qui réalisait un dessus-de-lit lui a permis de perfectionner sa technique. Elle s’est alors lancée dans des napperons beaucoup plus fins.

Mais elle avait également une idée en tête : se crocheter un maillot de bain.

Sa maman a dit non. Je trouve personnellement très dommage que cette création n’ait jamais vu le jour.

Catherine a elle aussi commencé très jeune, à 9 ans.

Elle admirait la meilleure amie de sa maman, qu’elle considérait comme une tricoteuse hors pair. Elle la regardait manier ses aiguilles à toute vitesse et créer des pulls, des écharpes ou encore des vêtements pour poupées.

Alors Catherine s’est lancée à son tour.

Elle a commencé par habiller ses poupées et son poupon, avant de passer aux vêtements pour adultes, aux pulls, aux gilets et aux motifs de plus en plus complexes.

Plus c’était difficile, plus elle appréciait.

Le crochet, en revanche, elle l’a appris toute seule.

Et même si la vie l’en a éloignée pendant un temps, l’histoire ne s’est jamais vraiment terminée.

Elle dure aujourd’hui depuis 52 ans.

Et il y avait les napperons. Beaucoup de napperons.

Impossible de parler de vos souvenirs sans rendre hommage à une véritable institution du crochet : le napperon.

Il est PARTOUT dans vos messages.

Napperons, chemins de table, dessus-de-lit, rideaux, nappes…

À une époque, apprendre le crochet semblait presque impliquer qu’un meuble de la maison finirait tôt ou tard recouvert de dentelle.

Et c’est exactement de cette manière que j’ai commencé ! Avec des napperons qui, soit dit en passant, ne sont pas forcément les ouvrages les plus simples pour débuter !

Napperon au crochet

Monique, par exemple, a appris vers 14 ans chez une voisine de ses parents. Elle réalisait de la dentelle et des napperons.

Ruth raconte qu’à 9 ans, sa maman lui avait appris à crocheter des napperons destinés à être vendus à la kermesse de l’école.

Elle en était très fière.

Odette, aujourd’hui âgée de 80 ans, a, quant à elle, appris la couture, le tricot et le crochet à l’école primaire. La chance !

Au fil des années, elle a crocheté :

  • des couvertures,
  • des manteaux
  • des vêtements pour bébé,
  • des napperons,
  • et même une nappe destinée à recouvrir une table ronde de 1,20 m de diamètre.
Pieuvres au crochet pour les bébés et les enfants
Photo d’Odette

Aujourd’hui ? Elle crochète des filets, des cabas, des gants exfoliants, des doudous et des tawashis.

Tawashi pour faire la vaisselle, faits au crochet
Tawashis et gants exfoliants (photo d’Odette)

Le crochet est resté.

Ce sont les objets que l’on fabrique avec lui qui ont changé.

J’adore son sac au crochet, plein de peps !

Joli sac bicolore d'odette
Sac muticolore d’Odette

Quand on apprenait le crochet à l’école

Voilà d’ailleurs quelque chose qui m’a frappée dans vos témoignages.

Certaines d’entre vous ont appris les travaux d’aiguilles à l’école.

Couture, tricot et crochet faisaient partie des apprentissages.

Mais toutes n’en gardent pas exactement le même souvenir.

Laetitia avait 8 ans lorsque sa maîtresse a décidé que les élèves fabriqueraient un chien sur une bouteille, avec des pattes et une tête en pompons.

Pour commencer, il fallait apprendre la chaînette.

Petit détail : Laetitia avait alors deux doigts immobilisés dans une attelle à cause d’une fracture.

Sa maîtresse lui annonce pourtant qu’elle est « une nullité » et qu’elle terminera dernière au concours de fin d’année.

Laetitia rentre chez elle. Elle ne dit rien. Mais elle s’entraîne.

Encore et encore.

Résultat ?

Elle termine troisième du concours.

Aujourd’hui, elle a 68 ans et elle crochète toujours, du coton très fin avec un crochet de 0,5 mm jusqu’aux gros fils travaillés en 12 mm.

Et toujours, précise-t-elle, avec ses deux doigts en l’air !

Un magazine, un crochet et débrouillez-vous !

Lorsque personne dans l’entourage ne pouvait transmettre le crochet, il restait une autre solution.

Les livres et les magazines.

Et beaucoup d’entre vous ont appris ainsi.

Une lectrice raconte avoir découvert vers 15 ans un article présentant les points de base du crochet dans un magazine féminin appartenant à sa mère.

Elle savait qu’un crochet traînait quelque part dans ses affaires. Elle le retrouve, prend une pelote et essaye.

Son premier ouvrage sera un sac carré en mailles serrées avec une longue anse.

Quelques années plus tard, elle réalisera même un top au point filet à partir d’un magazine allemand.

Caroline, elle, a une histoire que j’aime particulièrement.

Il y a 57 ans, elle est en 5e et vit à Paris.

Elle n’a pas cours le mardi après-midi. Les copines sont en classe, il n’y a pas de télévision à la maison et pas forcément l’argent nécessaire pour aller faire les magasins.

Elle adore en revanche les livres. Chaque semaine, sa grand-mère lui donne un peu d’argent pour en acheter un.

Un jour, en parcourant les rayons d’une librairie, elle feuillette un numéro de Mon Tricot. Elle l’achète.

Seulement voilà : il ne lui reste plus assez d’argent pour acheter la laine !

Elle attend donc le week-end suivant et va fouiller dans les réserves de sa grand-mère, grande tricoteuse.

Elle revient avec de la laine grise et jaune et décide de réaliser… une jupe courte au crochet.

Ce sera le début de quelques années de crochet intensif :

  • maillots de bain,
  • tuniques blanches à grosses fleurs,
  • jupes longues,
  • boléros,
  • châles pour les copines,
  • sacs,
  • et même abat-jours en laine mèche.

Quelle production !

Apprendre simplement en regardant quelqu’un crocheter

Mais le prix de l’apprentissage le plus improbable revient peut-être à Josette.

Josette a appris le crochet… dans le RER. Si ! Si !

Tous les jours, pendant son trajet en banlieue parisienne, elle se retrouvait près d’une dame qui crochetait.

La rame était pleine. Pendant 35 minutes, jour après jour, Josette l’observait travailler.

À force de la regarder, elle a eu envie d’essayer. Elle a reproduit ce qu’elle avait vu. Et elle a appris comme ça.

Sans cours. Sans livre. Sans tuto YouTube.

Juste en regardant les mains d’une inconnue dans le RER.

J’adore cette histoire.

Être gauchère et apprendre le crochet en miroir

Astrid, au Québec, a choisi une autre méthode.

En 1978, elle s’inscrit à un cours du soir.

Son premier « chef-d’œuvre », comme elle l’appelle, est particulièrement bien choisi : une pochette destinée à ranger ses futurs crochets.

Doublure, fermoir, rabat avec bouton. Pas si mal pour un premier ouvrage !

Et surtout, Astrid possède encore cette pochette aujourd’hui et continue de l’utiliser.

Mais elle représentait un petit défi pour sa prof car Astrid est gauchère. Et elle était sa toute première élève gauchère.

Elle s’installait donc face à son professeur et reproduisait ses mouvements comme dans un miroir.

Pour réparer ses erreurs, en revanche, elle devait se débrouiller !

Quelques décennies plus tard, elle a fabriqué une nouvelle pochette à crochets pour sa fille lorsque celle-ci s’est à son tour mise au crochet.

Encore une belle histoire de transmission.

Et si vous êtes gauchères, les tutoriels sur ma chaîne sont le plus souvent aussi disponibles pour les personnes gauchères.

Et parfois, on commence par beaucoup trop difficile

Huguette, elle, a choisi une méthode que je ne conseillerais pas forcément aux débutantes.

Elle a commencé directement par un amigurumi de 33 cm. Un grand lapin aperçu dans une revue.

Elle tombe amoureuse du modèle et décide de se lancer.

Après tout, pourquoi commencer par une petite chaînette quand on peut directement s’attaquer à un énorme lapin ?

Le modèle est difficile, le travail long, mais Huguette s’accroche. Elle veut l’offrir à l’une de ses arrière-petites-filles.

Lorsqu’elle le termine enfin, elle le trouve tellement réussi qu’elle hésite presque à le garder.

Mais elle résiste et envoie le fameux lapin à sa petite destinataire de 3 ans. Quelques semaines plus tard, elle reçoit des nouvelles de sa petite-fille.

La petite fille adore son lapin. Peut-être même un peu trop. Elle a découvert qu’elle pouvait passer ses petits doigts entre les mailles un peu trop lâches pour attraper le rembourrage…

… et le répandre joyeusement dans toute la maison.

Oui, j’ai ri en lisant cette anecdote. Oups !

Sa petite-fille rassure Huguette en lui expliquant qu’elle fera certainement beaucoup de progrès à l’avenir.

Huguette avoue avoir été un peu vexée. Mais elle décide finalement de reprendre depuis le début : un petit carré, une écharpe de poupée, un granny…

Quinze ans plus tard, elle crochète de très beaux châles, des tops, des gilets et toutes sortes d’ouvrages.

Elle a notamment réalisé plusieurs de mes modèles.

Et le grand lapin éventré ? Finalement, c’était peut-être un excellent professeur.

Le crochet peut aussi s’apprendre complètement seule

Plusieurs lectrices m’ont dit avoir appris seules.

  • Parfois parce que personne dans leur entourage ne crochetait.
  • Parfois parce que leur mère ou leur grand-mère avait bien essayé de leur apprendre lorsqu’elles étaient petites mais qu’à ce moment-là, elles n’en avaient absolument aucune envie !

C’est le cas de Nathalie. Sa mère et sa grand-mère ont essayé. Sans succès.

Puis un jour, bien plus tard, elle tombe sur un kit pour réaliser un snood annoncé comme « accessible aux débutants ».

Ça devrait aller. Eh bien non. Elle le rate « bien comme il faut ».

Elle se tourne alors vers YouTube, non sans pester contre les vidéos dans lesquelles, selon elle, « les mains gigotent pendant trois heures de parlote avant de montrer ce que je cherchais ».

Mais quelque chose s’est produit. Elle venait, dit-elle, de mettre le pied dans « un gros piège ».

Aujourd’hui, elle crochète beaucoup, invente ses propres petites créations et teste des patrons en français et en anglais.

Puis elle a appris le tricot. Puis le filage. Puis la teinture.

Et elle conclut : « Ça craint… »

Personnellement, je pense qu’il est déjà beaucoup trop tard pour elle. Oui, ça craint. hihihi !

On peut arrêter pendant 30 ans et recommencer

C’est un autre point commun qui ressort énormément de vos histoires.

Le crochet entre dans une vie. Puis il en sort.

Les études, le travail, les enfants, d’autres loisirs arrivent.

Le crochet reste parfois oublié au fond d’un placard pendant 10, 20 ou 30 ans. Et puis un jour, sans prévenir, il revient.

Catherine en est un bel exemple.

Après ses premiers apprentissages, le crochet et le tricot se sont peu à peu éloignés de sa vie avec l’adolescence, puis la vie professionnelle.

Elle note d’ailleurs quelque chose d’intéressant : pendant un temps, le tricot et le crochet eux-mêmes étaient tombés en désuétude.

Elle a tout de même réalisé quelques vêtements pour bébé, des pulls à torsades ou encore des napperons en dentelle (oh revoilà les napperons).

Puis, vers 2014, elle recommence à fabriquer des vêtements pour les poupées de sa fille.

La boucle est assez jolie : elle avait elle-même commencé enfant en habillant ses poupées.

Aujourd’hui, châles, ponchos et sacs ont rejoint la liste.

Crochet et tricot sont revenus dans sa vie. Une histoire commencée il y a 52 ans et qui continue.

Irène en est un autre bel exemple.

Sa grand-mère était une tricoteuse hors pair et sa grand-tante Jeanne était, elle, une spécialiste du crochet.

Pour son mariage, en 1977, cette dernière lui offre un magnifique couvre-lit au crochet qu’Irène possède encore aujourd’hui.

Quelques années plus tard, en 1982, Irène se lance à son tour avec les livres de sa grand-mère.

Napperons, chemins de table… Les ouvrages commencent à envahir la maison.

Au point que son mari finit même par déclarer que le crochet fait du bruit.

Oui !

Le crochet

Fait

Du bruit.

Et pour l’avoir entendu plusieurs fois me raconter cette histoire, je la crois sur parole !

Je pense qu’à ce stade, le pauvre homme avait surtout atteint son quota maximal de napperons.

Irène finit par arrêter.

Et ce n’est qu’en 2019, en entrant dans une boutique de travaux manuels proposant des ateliers, qu’elle redécouvre le crochet.

Mais entre-temps, son univers a complètement changé. On crochète désormais des sacs, des corbeilles, des vêtements, des amigurumis…

Elle réalise une corbeille pendant un atelier.

C’est le déclic. Puis arrive le confinement. Livres, fils commandés sur Internet, découvertes sur ordinateur…

Et depuis, elle n’a plus arrêté. Ses créations ont de nouveau envahi son univers. Mais aussi celui de sa famille, de ses amis et de ses voisins.

Le crochet a gagné. Et Irène est l’une de mes super testeuses de patrons de crochet.

Aujourd’hui, on apprend autrement

En lisant tous vos témoignages, une évolution apparaît très clairement.

Pendant des générations, apprendre le crochet supposait souvent d’avoir quelqu’un près de soi qui savait crocheter.

Puis les livres et les magazines ont permis d’apprendre seule.

Aujourd’hui, une nouvelle possibilité s’est ajoutée : Internet.

Blogs, vidéos, patrons extrêmement détaillés, réseaux sociaux et formations permettent d’apprendre même lorsqu’on ne connaît absolument aucune crocheteuse autour de soi.

On peut voir le geste. Mettre sur pause. Revenir en arrière.

Recommencer dix fois si nécessaire sans entendre : « Mais je viens de vous montrer ! »

Et surtout, on peut apprendre à son rythme.

Christel est justement en train d’apprendre le crochet avec ma formation Je deviens crocheteuse.

Elle maîtrise déjà la maille en l’air, la maille serrée et la demi-bride.

Christel est malvoyante. Elle avance donc doucement, à son rythme, et m’a écrit quelque chose qui m’a particulièrement touchée :

« J’apprends à mon rythme et c’est tellement bien construit et bien expliqué. »

Sandra, elle, a commencé avec ma méthode en 2022, avec la formation adaptée pour les personnes gauchères.

Depuis, elle a notamment réalisé mes châles Molly et Figus.

Je suis tellement heureuse d’avoir permis à plus de 500 personnes de se mettre au crochet à travers le monde francophone.

Apprendre le crochet quand on est gauchère

Et Monique, qui avait appris le crochet à 14 ans avec une voisine, a repris l’apprentissage avec mes cours. Elle a réalisé tous les projets de la formation et même une paire de chaussettes grâce à un tutoriel trouvé sur Internet.

cours pour apprendre le crochet, tutos faciles et gratuits

Finalement, les outils changent. Le principe reste étonnamment proche.

Quelqu’un vous montre le geste. Vous essayez. Vous ratez parfois. Vous recommencez.

Puis un jour, vos mains savent le faire toutes seules.

Comment j’ai commencé ?

Je suis agréablement surprise par vos souvenirs précis de vos débuts au crochet.

J’ai appris comme beaucoup avec ma mamie, qui m’a initiée aussi au tricot. Mais étant surtout tricoteuse, je n’ai pas beaucoup crocheté quand j’étais jeune.

C’est à la naissance de mes enfants que le crochet s’est imposé dans ma vie comme un loisir créatif extraordinaire.

J’ai, moi aussi, crocheté des napperons. Mais très vite, j’ai eu envie de découvrir d’autres ouvrages.

Ensuite, je me suis amusée à créer des petits personnages, parfois pas très ressemblants à ce que j’avais en tête, puis j’ai crocheté un petit haut tout mimi pour ma fille.

Je mettrai la photo si je la retrouve !

Et j’ai enchaîné avec des ouvrages plus ou moins complexes que je trouvais dans des magazines.

J’ai aussi créé des petites robes mélangeant couture et crochet comme le faisait ma mamie.

Robe avec haut en crochet et bas en couture pour petite fille

Puis internet, et surtout Ravelry, sont devenus des sources inépuisables de projets prévus, comme les lectrices et lecteurs avec leur PAL, pile de livres.

Quel que soit le projet, j’ai toujours aimé modifié un petit quelque chose. C’est comme ça qu’est venue l’envie de créer mes propres modèles de patrons de crochet.

Apprendre le crochet, mais surtout transmettre

Il y a une chose que je n’avais pas prévue lorsque je vous ai demandé comment vous aviez appris le crochet.

Je pensais que nous allions parler de mailles en l’air, de brides, de grannies et de premiers ouvrages un peu bancals.

Mais vos réponses parlent finalement assez peu de technique.

Elles parlent surtout des gens.

  • Une grand-mère.
  • Une maman.
  • Une tante.
  • Une voisine.
  • Deux copines de collège.
  • Une amie rencontrée pendant des vacances à Deauville.
  • Une professeure.
  • Une inconnue observée tous les matins dans le RER.
  • Et maintenant parfois une créatrice que l’on regarde sur son écran.

Certains de ces apprentissages remontent à plus de 60 ans.

Et pourtant, vous vous souvenez encore de la personne, de l’endroit, du premier ouvrage, parfois même de la couleur de la laine. C’est incroyable, n’est-ce pas ?

C’est peut-être cela qui me plaît le plus dans tous vos témoignages.

Apprendre le crochet, ce n’est pas seulement apprendre à faire des mailles.

C’est acquérir un savoir que l’on peut garder toute une vie. On peut le laisser dormir pendant trente ans et le retrouver.

On peut l’utiliser pour fabriquer une robe de baptême qui servira à plusieurs petits-enfants, habiller les poupées des copines, offrir un châle à sa sœur ou remplir une maison de napperons.

Et surtout, on peut à son tour le transmettre.

  • D’une grand-mère à sa petite-fille,
  • D’une mère à son enfant,
  • D’une copine de collège à une autre,
  • D’une inconnue à une autre, sans même le savoir, dans une rame de RER (oui, je crois que j’imagine tellement cette scène que cette anecdote restera dans ma mémoire aussi toute ma vie),
  • Et maintenant aussi… à travers un écran.

Alors à mon tour de vous poser la question :

Et vous, qui vous a appris à crocheter ?

Racontez-moi votre histoire en commentaire.

Et si personne ne vous a encore appris et que vous aimeriez vous lancer, vous pouvez aussi découvrir la formation Je deviens crocheteuse, conçue justement pour vous accompagner pas à pas, comme si j’étais à côté de vous.

Promis, je ne vous ferai pas commencer par un lapin de 33 cm.

Aglaé Laser, créatrice de patrons de tricot et crochet modernes et féminins

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